26/04/2013

Chômage des jeunes : agir avant la débâcle

chomage_jeune.jpgLes chiffres du chômage sont tombés pour mars. Le pallier de 1997 est dépassé faisant de la lutte contre le chômage la « cause nationale » selon les mots de François Hollande. La situation des jeunes est particulièrement préoccupante. Le Conseil d’analyse économique a suggéré cette semaine  quelques pistes au premier ministre.

Même si le chiffre est à relativiser puisque la population française a augmenté depuis 1997, date du dernier record en termes de nombre de demandeurs d’emploi, il n’en reste pas moins que la France a enregistré 3 224 600 chômeurs de catégorie A.

Le chômage des jeunes a de quoi inquiéter : 550 000 jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. Selon les observations du Conseil d’analyse économique (CAE), début 2013, "près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans", soit 17% de la tranche d'âge, ne sont "ni à l'école, ni en emploi, ni en formation". En outre, "la moitié de ces jeunes, soit 900 000, ne cherchent pas d'emploi. Ils sont à la dérive."

Il devient vraiment urgent non plus d’envisager des solutions, mais d’agir. Le Conseil d’analyse économique s’est notamment penché sur la manière de remédier au chômage des jeunes peu qualifiés et a fait par de ses conclusions à Jean-Marc Ayrault dans une note susceptible d’aider le gouvernement dans ses modes d’actions. Ces préconisations sont au nombre de quatre :

Revenir sur la limite d’âge du RSA et accorder, dès 18 ans, un RSA jeunes, mais sous conditions : « Avec une formation qualifiante, comme le fait le Danemark. Si le jeune n'a pas trouvé de travail au bout de trois mois, il doit suivre un an de formation qualifiante. Cette approche complète est assez vertueuse."

Développer le dispositif des Ecoles de la 2ème chance, réseau français s’appuyant sur une collaboration participative et bénévole des écoles souhaitant y prendre part et être labellisées. Créé pour offrir une solution aux 150 000 jeunes qui sortent du système scolaire chaque année sans diplôme et qui rencontrent des difficultés pour trouver un emploi, il doit être plus que jamais mis au service des jeunes en difficultés.

Réorienter la taxe d’apprentissage dans le sens d’un meilleur partage car pour le moment les étudiants ayant accès aux formations les plus élevées ont davantage les moyens de financer leurs études que les non-diplômés selon Stéphane Carcillo, Professeur à l'université de Paris I et au département d'Economie de Sciences Po.

Enfin, baisser le coût du travail en diminuant les cotisations sociales pour les jeunes les moins diplômés en ciblant notamment les contrats de génération en priorité sur "les rémunérations inférieures à 1,6 fois le smic pour l'emploi des jeunes en CDI ».

Outre ces recommandations d’économistes à gouvernants, le monde de l’entreprise doit également s’emparer du problème. Préparation des jeunes à la vie active et ce dès le lycée, création de passerelles entre les jeunes et le monde de l’entreprise via des partenariats, voilà autant d’exemples possibles que des entreprises comme KPMG via sa fondation ont déjà suivi (cf. le programme Lycée) ou encore comme Hermès, et qu’il faut multiplier pour créer une dynamique optimale.

La situation est grave mais non désespérée. La situation d’urgence doit mobiliser les différents acteurs dans un dernier sursaut, en espérant qu’il soit salutaire.

17/01/2013

Le mécénat culturel en difficulté peut encore compter sur l’hôtellerie

mécénat, mécénat culturel, crise, hôtellerie, Royaumont, Eric Cormier, RH hôtellerie, fondation, La crise et la réduction des coûts qui lui est  associée dans les entreprises  font que le mécénat  d’entreprise connaît un désamour significatif. Le secteur de l’hôtellerie est encore l’un des rares bastions français qui résiste à la morosité économique. Le mécénat a encore des opportunités à saisir dans ce secteur.

Avantages fiscaux, meilleure image ou simple action philanthropique, le mécénat d’entreprise avait de nombreuses motivations avant que la crise n’incite les directions à hiérarchiser les priorités. Le budget mécénat a été supprimé d’office. Si le mécénat social et environnemental, dans la mesure où ils cadrent avec la vision de Michael Porter sur la valeur partagée et l’avantage compétitif, font parfois encore partie d’une vision stratégique et viable de développement, le mécénat culturel présente des avantages indirects moins évidents.

Néanmoins, il demeure des secteurs qui ont relativement bien résisté à la dégradation économique. C’est le cas de l’hôtellerie, qui a affiché des bonnes performances, et qui a même réussi à augmenté sont RevPAR (Revenu par chambre disponible) de 1.8% durant les 12 mois qui ont précédé novembre 2012 selon le cabinet MKG Hospitality. Une augmentation du chiffre d’affaires bienvenue qui permet au secteur de maintenir, pour certains hôtels, des budgets dédiés et de poursuivre leur activité de mécène.

Citons Royaumont qui  continue, par l’intermédiaire de sa fondation, de s’impliquer dans des programmes culturels et de promouvoir des projets culturels créatifs et de très haute qualité artistique. C’est une activité ancrée dans la philosophie de la maison et qui, tant que les finances le permettront, feront partie de son paysage.

Encore mieux, d’autres groupes ont décidé non pas seulement de poursuivre, mais de lancer une activité de mécénat. Le groupe RH Hôtellerie propriété d’Alain Rouleau, à décidé, sur les conseils de son ami partenaire et mécène Eric Cormier, la mise en place d’une politique culturelle de mécénat, permettant aux clients de la chaine hôtelière de découvrir dans les espaces communs de leurs hôtels les œuvres des artistes Patrice Breteau et Roman Dréa, artistes fétiche du show bizz et des grands de ce monde.

Interrogé sur le sujet, Eric Cormier a annoncé l’ouverture durant l’été 2014 d’un vaste centre RH Hôtellerie à quelques kilomètres de Marrakech : les fermes K de la Koutoubia. Alain Rouleau aurait chargé Eric Cormier d’ouvrir un concours aux artistes souhaitant exposer dans ce centre dédié à l’art de vivre des sculptures monumentales. Le comité artistique mis en place par Eric Cormier comporterait de nombreux artistes internationaux mais cette information reste à vérifier.

Tout n’est donc pas perdu pour les artistes à la recherche de fonds privés. Encore faut-il s’adresser aux entreprises financièrement disponibles.

05/12/2012

Quand le monde de l’entreprise s’invite dans les écoles, l’ambition des élèves décolle

les entreprises dans les lycées.jpg

Souvent, par le biais de formations en alternance, ce sont les lycéens et les étudiants qui franchissent le pas les séparant de l’entreprise. Si tant est que ces jeunes aient trouvé un employeur leur accordant sa confiance. Une formalité ? Pas forcément, à en juger par la frilosité dont les entrepreneurs font parfois preuve à l’égard de ces jeunes pousses peu au fait des us et coutumes du monde du travail.


Pour rompre ce cercle vicieux, de plus en plus d’initiatives voient le jour qui tendent à inverser les règles, en apportant le monde du travail au sein de l’école. Un procédé peu commun qui pourrait bien, sous l’impulsion de ces projets novateurs, finir par devenir coutume.

 

Au nombre de ces projets, on recense par exemple le concours « une entreprise dans votre lycée », lancé par l’académie de Rennes. Sur le papier, l’idée est simple. Il s’agit pour les lycéens participant de « concevoir, produire et commercialiser un bien ou un service en prenant en compte les enjeux du développement durable, développer l’esprit d’entreprendre, en imaginant au sein du lycée une entreprise de demain ». Dans les faits, monter sa boîte n’a pourtant rien d’une promenade de santé. Les obstacles que rencontrent les jeunes sur leur route sont autant de simulations de ceux qu’ils rencontreront plus tard dans leur parcours professionnel. Un bon moyen de gagner en expérience.

 

Dans le même registre, difficile de ne pas citer le travail effectué depuis cinq ans par la Fondation KPMG France dans le cadre de son « Programme Lycées ». Ici, pas de création d’entreprises à proprement parler, mais une approche et des réponses personnalisées. Ainsi, ce sont plus de 500 volontaires KPMG qui accompagnent au quotidien 1100 élèves répartis dans 26 lycées situés dans des zones urbaines sensibles (dont, depuis mi-novembre, deux lycées d’outre-mer), les aident à rédiger CV et lettres de motivation, à se préparer au périlleux exercice de l’entretien d’embauche, ou encore leur apprennent à se comporter comme il faut au sein de l’entreprise.

 

Pour finir, saluons le projet Semaine Ecole-Entreprise instigué par le ministère de l’Education Nationale, qui comprend, entre autres actions, la visite de professionnels au sein des établissements, ces derniers parlant de leur passion et essayant de la transmettre aux élèves. Une façon ludique de décloisonner le milieu du travail et de montrer qu’il regorge d’aspects positifs, peut réellement être épanouissant lorsque l’emploi qu’on occupe nous plait.

 

Autant de projets qui ont pour mérite de désacraliser le monde de l’entreprise auprès des futurs travailleurs, en le rendant accessible, et de désinhiber efficacement l’ambition qu’ils portent en eux. Le manque de confiance en soi est en effet considéré comme un frein à la réussite, et il n’y a rien de tel pour l’éradiquer que de confronter les lycéens aux réalités du travail, souvent moins terribles que ce qu’ils ont pu apercevoir par le prisme déformant des médias ou des opinions véhiculées par certains adultes de leur entourage. 

09:58 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : outre mer, entreprises, ecoles, lycees, kpmg | |  Facebook |