24/05/2012
La fondation d’entreprise : quelles incitations pour une entreprise citoyenne ?
Démocratisées dans le monde des affaires depuis les années 1990, les fondations d'entreprise se portent bien. Mécénat culturel, soutien à l'entreprenariat social, actions de charité : les entreprises s'ouvrent de plus en plus à ces activités, et pas seulement les grands groupes. Des PME aux entreprises régionales, les fondations d'entreprise se développent. Ces philanthropes des temps modernes investissent des terrains sociétaux où ils ne sont pourtant pas attendus.
En France, on compte à ce jour 450 fondations d’entreprise. Et bien que le statut existe depuis 22 ans, la moitié de ces organisations ont été créées ces cinq dernières années. Les chiffres en témoignent : à l’été 2009, on comptait 350 fondations d'entreprise, soit neuf fois plus qu’en 2007.
Longtemps boudées dans l’hexagone, les fondations d'entreprise surfent sur la vitalité de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Les entreprises prennent des engagements en faveur d'actions socialement responsables, d'autant plus que les gouvernements ont su créer des mécanismes incitatifs.
L'incitation fiscale, nouveau levier de la RSE ?
La loi du 1er août 2003 pour l'initiative économique permet aux entreprises de défiscaliser jusqu'à 60 % de leurs dons aux œuvres d'intérêt général. Ce dispositif a suscité la création de nombreuses fondations. Mais bien plus que l’attrait des avantages fiscaux, cet engouement marque la volonté actuelle d’un certain nombre de sociétés de devenir des entreprises responsables et citoyennes et de s’impliquer concrètement dans des missions multithématiques et d’intérêt général.
Ce constat s’impose à la lecture de l’étude de l'IMS-Entreprendre qui vient de sortir un baromètre des fondations d'entreprises. Il y a "fort à parier qu'à l'avenir, les PME et les entreprises en région représentent un potentiel pour le développement des fondations", et ce notamment grâce à la règlementation des fonds de dotation crées en 2009 et plus adaptés aux PME.
Ces fonds permettent d'engager sur cinq années renouvelables un capital déterminé (au minimum 150 000 euros) en faveur d’un programme d’intérêt général librement choisi par l’entreprise. Elles interviennent principalement dans l’éducation (59 %), l’action sociale (54 %) et l’insertion professionnelle (51 %) avec le souci d’encourager l’égalité des chances.
La fondation dans le dispositif de communication des entreprises
La fondation d’entreprise est l'occasion d’orienter sa communication de façon simple et cohérente. Elle constitue un outil de communication externe privilégié qui contribue à l’amélioration de son image et de sa notoriété. Ainsi, la fondation peut porter le nom de l’entreprise, accolé au terme "fondation". Au-delà, la fondation permet de fédérer les collaborateurs d’une entreprise sur un projet commun auquel ils peuvent adhérer directement par leurs propres dons. C’est un vecteur clé de cohésion sociale dans l’entreprise.
Environnement, entreprenariat social, pauvreté, recherche : des engagements multiples
Les fondations d'entreprise ne manquent pas. Parmi les précurseurs, on se rappelle que Procter & Gamble s'etait engagé dès 1992 dans la protection du littoral en soutenant la politique de recherche, en participant à la diffusion des connaissances scientifiques et en sensibilisant les jeunes dans ce programme de conservation de la nature. Cette triple action en partenariat avec le Conservatoire du littoral est une démarche novatrice tant par l’originalité de l’association entre secteur privé et secteur public que par la volonté de Procter & Gamble de se lancer dans l'environnemental.
Plus récemment, la Fondation KPMG France s’est investie d’une mission en soutenant des initiatives visant à l’insertion professionnelle et sociale (programme lycée pour préparer les jeunes à la vie active notamment). Entre 2007 et 2012, ce ne sont pas moins de 300 000 euros qui ont été investis dans ces interventions, grâce aux 380 volontaires répartis dans les 11 comités Fondation en région. Depuis 1997, KPMG offre par exemple des baptêmes de l’air sur toute la France à des enfants défavorisés. Partenaire de l'opération "Rêves de gosse", KPMG réalise d’ailleurs un tour de France ce mois-ci afin de permettre à ces enfants de se rêver en fringuant Saint-Exupéry.
Autre exemple, la fondation d’entreprise EADS s'est lancé dans le soutien à la recherche scientifique. Pour un total de 12 millions d'euros dans la biomécanique, la neuroscience, l'aéronautique ou l'espace, EADS témoigne d'un engagement fort en faveur de la connaissance et de la recherche. Jean Botti, président de la fondation souligne une coopération vitale, "un formidable tremplin pour travailler au rapprochement de la recherche fondamentale et de la recherche appliquée".
12:07 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fondation d'entreprises, mécénat culturel, entreprenariat social, philanthropie |
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Commentaires
Dans votre 5e paragraphe vous mélangez les fonds de dotations avec les règles propres aux statuts de la fondation d'entreprise (programme d'engagement plurinnaul de 150K€ sur 5 ans pour une première période d'existence de 5 ans, renouvelable par 3 ans). Les fonds de dotation n'ont aucune obligation de ce genre.
Écrit par : Nathalie Sauvanet | 31/05/2012
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