08/08/2012

Une norme ISO au secours de la biodiversité est-elle suffisante ?

environnement,rse,norme,norme iso 26000,biodiversité,entreprise,responsabilité sociétale des entreprises,afnor,éthique,diversité,moraleDans un écosystème qui suit la mouvance de la globalisation, la mondialisation des échanges et la financiarisation de l’économie, les entreprises ont un impact direct au travers de leurs activités industrielles.

Afin de participer efficacement à la préservation de l’environnement, les sociétés doivent s’impliquer et engager leur responsabilité sociétale dans leurs rapports avec les milieux qui les entourent. La norme ISO 26000 est là pour éveiller les esprits et modifier en profondeur les processus industriels des entreprises.

 

Approuvée et ratifiée par 95% des pays membres de l’Organisation Internationale de normalisation (ISO) il y a deux ans, la norme 26000 constitue une avancée dans la responsabilité sociétale des entreprises. Elle pose les bases d’une approche métier intégrés et s’écarte ainsi du modèle « monodirectionnel » qui prône une seule chose : la préservation de la biodiversité.

 

La norme ISO 26000 présente comme lignes directrices la recherche des impacts des décisions de l’entreprise et de ses activités sur l’environnement. Un comportement transparent, plus éthique est envisagé. Contribuer au développement durable, à la santé et au bien-être des individus, au respect des lois en vigueur, à la prise en compte des parties prenantes, sont quelques exemples qui figurent dans le contenu de cette norme.

 

En identifiant les impacts de son activité, à la fois sur la biodiversité locale, mais aussi sur l’ensemble de la biosphère, chaque organisation peut alors agir à son niveau pour protéger la biodiversité, tout en assurant la pérennité de son activité. On peut citer notamment les efforts faits dans la traçabilité et le recyclage des produits, la limitation des émissions de CO2, les niveaux de salaires par rapport aux lois en vigueur dans un pays étranger, etc.

 

Pour Didier Gauthier, président de la commission responsabilité sociétale à l’Association Française de Normalisation  (AFNOR), « la norme ISO 26000 n'est pas un document amené à faire l'objet de certifications, c'est un document qui tiendra compte de la diversité des situations [] C'est un outil de progrès dans une logique de responsabilité sociétale et de progrès permanent et participatif, respectueux de l'environnement, respectueux des agents, et des hommes et des femmes à l'extérieur, tout en assurant la pérennité économique. Nous sommes dans une logique d'ouverture et d'évolution de culture ».


Car, bien-sûr les entreprises ont intérêt à se projeter dans l’avenir et préserver dès à présent celui des parties prenantes. Mais à quel prix ? Les dirigeants sont-ils tous honnêtes face à cette norme ?

 

Malheureusement, on ne peut compter uniquement sur la bonne volonté de ces patrons, pour leur faire adopter un comportement compatible avec l’intérêt général. Une intervention de l’État est peut-être à envisager, en demandant des comptes aux responsables quant à leur transparence et à leurs progrès en matière de Responsabilité Sociale.

Commentaires

Bien sur que seule la bonne volonté de certains patrons ne suffit pas à changer le monde, et heureusement nous ne sommes pas les seuls à faire bouger les lignes, mais deux points m'agace un peu dans votre post (parmis tout le reste du texte que j'apprécie). D'une part l'idée trop souvent répandue qu'un patron engagé et responsable cache peut être un intérêt déguisé. la France n'aime pas ses patrons et c'est bien dommage, car ce désamour dégoute un bons nombre d'entre eux qui préfère entreprendre dans d'autres pays que le notre, pas seulement pour la dérégulation comme cela est souvent dit, mais aussi pour une meilleure reconnaissance de leur statut. Je me considère (un peu pompeusement ) comme un patron responsable, j'ai engagé mes entreprises depuis une dizaine d'années vers la voie du changement de paradigme, vers la transition écologique et le bien-être de la vie humaine, le profit n'est pas ma principale motivation même si il est nécessaire d'être viable et pourtant certaines autorités nous cherchent plus souvent des poux sur la tête qu'aux entreprises qui ne se soucient que de maximiser leurs profits, elles s'inqiètent de notre attitude qui pour elles, soit cache quelque chose de plus pernicieux, soit marche sur les plattes bandes du domaine public ou du secteur associatif. Le deuxième point sur lequel je souhaite réagir, c'est d'attendre beaucoup des états et de leur régulation, je pense que le changement vers une société plus frugale et heureuse ne viendra pas d'en haut mais d'en bas, c'est en multipliant les initiatives locales, en menant des actions de désobéissance face à la régle absurde et en menant le jeu que l'on peut prendre de vitesse la machine bureaucratique et les cyniques avides de pouvoir ou de profits.
pour Info notre entreprise à obtenu une évaluation "maturité" tranche haute à l'iso 26.000, mais ce n'est pas une note qui compte, ce qui me motive c'est que d'autres aient envie de nous suivre pour reproduire et développer un modèle plus vertueux, et cela on y arrive en créant du désir, du partage et du sens, les évaluations, les chiffres et les labels sont pour les comptables pas pour les défricheurs !
Philippe Barre
Le Darwin écosystème

Écrit par : Philippe Barre | 16/08/2012

Une phrase de l'article laisse supposer que l'ISO26000 a pour objectif "la recherche des impacts des décisions de l’entreprise et de ses activités sur l’environnement". Je trouve cela regrettable de limiter ce remarquable document à une seule question centrale, alors qu'elle en compte 7 ! Je ne vois pas en quoi lutter contre la corruption, respecter les contrats ou intégrer le handicap dans une organisation est en relation avec l'environnement…
Ai-je mal compris la phrase, qui est toutefois bien tempérée par le reste de l'article qui est nettement moins restrictif.

Écrit par : Garenne Yves | 17/08/2012

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